Marie-Dorée DELACHAIR

Psychothérapeute

Spécialiste des addictions

Bienvenue sur mon site Aller Mieux

Mon cabinet de psychothérapie est situé à Cannes (Alpes maritimes, 06). J’interviens sur Cannes et ses environs (Nice, Mougins, Sophia Antipolis, Monaco...)


C'EST QUOI LA DEPENDANCE ?


J’ai observé, depuis près de 25 ans, en accompagnant des personnes dépendantes, que leurs histoires personnelles étaient jalonnées de situations difficiles, éprouvantes, souvent répétitives aboutissant à un état anxieux.
Le trouble de stress post-traumatique ou TSPT désigne un trouble anxieux sévère, qui se mani-feste à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante. C'est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l'intégrité physique ou psychologique de la personne ou celle de son entourage, a été menacée ou effectivement atteinte.
Cette situation peut être : un/des parent(s) addict(s) (parent absent de par le fait qu’il travaille trop (boulomanie), qu’il est joueur compulsif, alcoolique, toxicomane …), la venue d'un autre enfant dans la fratrie, un divorce, un déménagement, une maladie grave, une négligence de soins de la petite enfance, certaines formes de maltraitance, la mort d'un proche…
A ce moment précis, les capacités d'adaptation du sujet sont débordées. Il ne peut plus “faire face”. La réaction immédiate à l'événement (traduit par une peur intense et par un sentiment d’im-puissance) va donner lieu à une immense souffrance, un désarroi, dont le sujet n’aura pas force-ment “conscience” dans l’immédiat (d’où l’instauration de mécanismes de défenses ou comporte-ments d’adaptation).
Chez le psychologue Erik Erikson, ces stades de développement s'articulent autour de huit stades permettant un développement psychologique harmonieux, depuis la petite enfance jusqu'à la vieil-lesse.
À chaque stade, la personne est confrontée à un conflit spécifique et peut (ou pas) les maîtriser et ainsi relever de nouveaux défis.
Chaque stade se construit sur les bases édifiées.
Les défis peu ou non relevés sont susceptibles de réapparaître sous forme de problèmes dans l’avenir.
Ces problèmes conduisent à un état de souffrance chronique.
Ce malaise va alors être médiqué par des substances psychoactives (tabac, alcool, marijuana, co-caïne, les opiacés, amphétamines et dérivés de synthèse, hallucinogènes et divers médicaments) ou par des comportements à risques, compulsifs et stupéfiants (troubles de comportements ali-mentaires, addictions sexuelles, dépendance affective, boulomanie, achats compulsifs, addiction aux jeux, écrans, sport, troubles d’anxiété généraux, dépression, tentatives de suicide…).
C’est ce que l’on appelle plus communément des “conduites à risque”, ou “conduites addictives”.
Les dépendants sont tous en souffrance et en manque d’autonomie.
En résumé: un dépendant n’est pas indépendant.
Très souvent, le dépendant est en relation intime (parent-enfant, conjoint, associés dans le travail ...) avec un autre dépendant. Ce dernier peut-être dépendant à un produit ou à un comportement stupéfiant.
On appelle cela LA CODEPENDANCE ou DÉPENDANCE AFFECTIVE

Qu’est-ce que la codépendance (dépendance affective) ?

D’une manière générale, la codépendance est un trouble de la relation, caractérisé par une forte dépendance vis-à-vis d’un partenaire (couple, famille, travail…) souvent à problèmes. Par exemple, dépendant de l’alcool, de drogues, du jeu, du travail, de sexe…
La personne codépendante souhaite aider l’autre à n’importe quel prix, en sacrifiant ses propres besoins au profit de ce partenaire. Ses sacrifices provoquent chez elle une forte frustration, qu’elle a tendance à nier et qui reste inexprimée. Malgré la souffrance éprouvée, la personne codépendante parvient difficilement à donner une priorité à ses propres be-soins, se préoccupant excessivement des besoins d’autrui.

Suis-je codépendant(e)?

Voici un petit quizz qui pourrait vous aider à évaluer votre degré de dépendance affective :
Suis-je capable de dire « non » sans culpabiliser ?
Ai-je besoin d’être bien perçu(e) par les autres ?
Suis-je extrêmement loyal(e), restant dans des situations nuisibles trop longtemps ?
Est-ce que je juge mes pensées, mes paroles et mes actions comme n’étant jamais assez bien ?

Quels sont les mécanismes de l'addiction ?

Les mécanismes de l’addiction ne sont pas que psychologiques.
Il y a, chez le sujet, un dérèglement au niveau des neurotransmetteurs et du système de récom-pense (voir les travaux du Dr Jean-Pol TASSIN) qui entraînent chez le sujet une allergie et donc une progression de son addiction, quelle qu’elle soit. C’est le phénomène de “craving”.
Quels sont les risques des addictions pour notre santé physique et mentale ?
A ce jour aucun traitement n’a pu prouver que l’addiction pouvait être guérie.
Elle peut être toutefois stabilisée (par un arrêt total de tous produits modifiants le comportement et par une thérapie comportementale).
L’addiction est une maladie reconnue comme telle par l’OMS qui dresse une liste “officielle” de produits stupéfiants : la nicotine, l'alcool, le cannabis, les opiacés, la cocaïne, les amphétamines et dérivés de synthèse.
Parmi les addictions sans substance, seul aujourd’hui le jeu pathologique (jeux de hasard et d’ar-gent ainsi que jeux vidéos) est cliniquement reconnu comme une dépendance comportementale dans les classifications diagnostiques internationales (DSM V, actualisé en 2019 avec la cyber-addiction).
L'institut Nord Américain des drogues (NIDA) en donne la définition suivante :
«L’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante, caractérisée par la recherche et l'usage compulsif de drogue, malgré la connaissance de ses conséquences nocives.”
L’addiction est : progressive, incurable et potentiellement mortelle.
Ce n’est pas un vice.
Les risques sont donc:
Une désocialisation (famille, amis, travail) dans un premier temps,
Une hospitalisation à très long terme (si le sujet n’est traité que par le biais d’une camisole chimique),
Une incarcération,
Et éventuellement un décès.

Une psychothérapie qui a fait ses preuves :

Le programme Minnesota offre aux dépendants la possibilité de faire table rase de leurs vieilles croyances, de comprendre et de changer leurs comportements d’adaptation mis en place dans l’enfance.
En effet, ces mécanismes de défense qui, pendant un certain temps, les ont aidés à “gé-rer” leur souffrance, comme un remède, deviennent « poison ». Le programme Minnesota requiert, pour les dépendances aux produits psychoactifs une abstinence totale de tous produits modifiant le comportement.
A noter que certains dépendants souffrent de graves désordres émotifs et mentaux : dans ces cas, un accompagnement psychiatrique est nécessaire. “ En 2012, le Modèle Minnesota permet la prévention, la compréhension et la prise en charge de toutes les formes d’addictions: à l'alcool, aux produits illicites, boulimie, ano-rexie, addictions comportementales telles que jeux, sexe, dépendance affective, etc. Pour ceux et celles qui aspirent à un mode de vie plus équilibré et moins souffrant, le Modèle Minnesota est aussi un formidable outil thérapeutique et de développement personnel.” (Wikipedia)

Le lien, une composante essentielle

A ma connaissance, le lien est une des composantes la plus importante dans le rétablisse-ment d’un dépendant dont le sentiment de solitude (initié dans son enfance) est souvent le sentiment dominant. Aussi, toutes les associations de dépendants abstinents sont beau-coup plus efficaces (phénomène d’identification) que ce qui est proposé par le système de santé classique Français.
Dans les pays Anglo Saxon tous les C.C.D.C. “Certified Chemical Dependancy Coun-selors” (psychothérapeutes spécialisés en addiction - entre 3 et 9 ans d’études) sont dépendants eux mêmes. Ce sont des dépendants abstinents et rétablis. Toutefois un dépendant reste toujours un dépendant.
La dépendance est une maladie, pas une mauvaise habitude ou un vice !
A-t-on jamais entendu parler d’ancien diabétique?

Des chiffres sur les addictions en France

1) Addictions avec substances :
a) Drogue licites :
Tabac et alcool sont les produits les plus consommés en France. Ils constituent les deux pre-mières causes de mortalité évitable en France (73 000 décès par an liés au tabac et 41 000 décès par an liés à l’alcool)*
Tabac : 27% de fumeurs quotidiens
Alcool : 10% de buveurs quotidiens
87% des personnes entre 18 et 75ans déclarent boire au moins une fois par an (78% à 17ans)
Anxiolytiques : 1 personne sur 10 en ont eu recours pendant l’année
1 jeune de 17ans sur 5 déclare avoir déjà utilisé un médicament psy-chotrope
A noter que l’usage des psychotropes est 2 fois plus fréquent chez les femmes.
b) Drogues illicites
Cannabis : 45% des adultes l’ont déjà expérimenté
11% en ont consommé au cours de l’année
6% en ont consommé au cours du dernier mois.
Cocaïne : 1,6% d’usagers déclarent en avoir consommés dans l’année
MDMA/Ecstasy : 5% des adultes l’ont déjà expérimenté
2) Addictions sans substances :
Elles concernent les jeux d’argent et de hasard, jeux vidéo, Internet, addiction au travail ou au sport, etc….
5% de la population est touchée
56 % des 15-75 ans déclarent avoir joué à un jeu d’argent et de hasard au cours de l’année, principalement à des jeux de loterie.
Moins de 1% des joueurs entre 15 et 75 ans déclarent jouer excessivement
L’omniprésence des écrans dans la vie quotidienne a un impact sur le développement cognitif et social des plus jeunes mais aussi de l’ensemble de la population.
* Sondages du Ministère de la Santé (Observatoire Des Drogues Et Toxicomanie, article : “Drogues et ad-dictions, données essentielles édition 2019, 7ème édition)

Allopathie ET psychothérapie

Le dépendant aura toujours besoin d’une béquille jusqu’à ce qu’il se rétablisse.
Pour l’alcool, des traitements allopathiques existent, mais sont à associer à une prise en charge multiple : Baclofène, Selincro ® et demain Alcover ®.
La prise en charge de l’alcool-dépendance bénéficie désormais de nouveaux médicaments.
Même si leur efficacité et leur commodité d’emploi restent l’objet de débats, ces offres thérapeu-tiques permettent aux professionnels de la santé d’aborder plus "aisément" la prise en charge.
Dans tous les cas, le traitement de l’alcool-dépendance est beaucoup plus efficace s’il est asso-cié à un suivi psycho-social (psychothérapie, groupes de paroles…), une aide importante dans cette pathologie multifactorielle.