Marie-Dorée DELACHAIR

Psychothérapeute

Spécialiste des addictions

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Mon cabinet de psychothérapie est situé à Cannes (Alpes maritimes, 06). J’interviens sur Cannes et ses environs (Nice, Mougins, Sophia Antipolis, Monaco...)


THERAPIES DE GROUPE ET GROUPE DE PAROLES


Un complément aux autres prises en charge

Importance du groupe de paroles :

L’évolution identitaire est grandement facilitée par la rencontre de semblables.
Elle permet au nouveau venu d’accepter progressivement un changement de norme. Il peut passer d’un état où il considère qu’il boit « comme tout le monde » à l’acceptation, puis la revendication de son identité de dépendant.
Pour l’alcoolique, par exemple, être abstinent devient un signe de singularité au sein d’une société qui s’alcoolise.
Le sujet renforce l’idée, grâce à un travail de réflexion et d’introspection du groupe, qu’il souffre d’une maladie qui le distingue des autres.
Le groupe va lui permettre de valoriser cette nouvelle appartenance en devenant un de ses membres : un abstinent. Cette expérience unique soude les membres du groupe entre eux. L’abstinence devient une véritable valeur identitaire qui aura d’autant plus de poids que l’entourage thérapeutique y souscrira.

Repositionnement spatio-temporel

Le groupe de parole est à proposer aux patients dès le début de la thérapie individuelle.
Il faut, cependant, faire attention à la « levée de boucliers » du patient dépendant qui peut « ne pas désirer rencontrer d’autres dépendants ».
Le fait que le psychothérapeute soit lui même un dépendant rétabli aide le patient à « baisser la garde ».
En effet, le thérapeute impliqué activement dans cette proposition peut expliquer, de par son expérience, que le patient lui-même peut également apporter son expérience et, par la même occasion, apprendre du groupe. Pour un patient, participer à un groupe revient à prendre le risque d’être confronté à de « vrais » dépendants, ceux-là mêmes qui fantasmatiquement ne sont pas comme lui.
Bien souvent, l’acceptation de cette rencontre sera conçue pour le patient comme un moyen de vérifier que « rien » ne le relie au groupe.
Le témoignage de nombreux patients nous a conduit à considérer que l’expérience d’une participation au groupe constitue le meilleur moyen de revenir sur les représentations négatives et de remanier les fausses croyances concernant « les groupes des dépendants » et les « dépendants ».
L’absence de tour de table et d’obligation de prendre la parole sont des éléments centraux du fonctionnement du groupe, permettant de diminuer l’angoisse liée à l’idée de devoir s’exposer.
La participation silencieuse et l’écoute des échanges favorisent, dans un premier temps, le travail d’acceptation et d’identification.

Résistance au groupe de parole?

Dans le cas où le patient est véritablement réticent à une participation au groupe de parole, une rencontre avec d’anciens patients rétablis, issus ou non de groupes d’entraide, lui sera proposée. En effet, l’intérêt du groupe est de rencontrer des personnes qui ont vécu l’expérience de la maladie. Après une première approche duelle, le passage vers le groupe d’entraide est souvent plus facile.

Historique et définition du groupe d’entraide

En 1905, J. H. Pratt est le premier à expérimenter la thérapie de groupe comme méthode de traitement sur des patients tuberculeux. Cette méthode, constituée au départ pour des raisons d’économie et de temps, s’est révélée efficace. Le groupe exerce une influence positive sur l’individu.
C’est cependant à J. L. Moreno que l’on doit les termes de « thérapie » ou de « psychothérapie de groupe » (1930).
Le développement des thérapies de groupe connut une ascension fulgurante au cours de la seconde guerre mondiale. Elles furent nourries par de nombreux courants théoriques, de la psychanalyse aux approches cognitivistes ou psychosociales. Les thérapies de groupe ne sont pas considérées comme des traitements de référence par tous les programmes de soins. Elles sont, cependant, régulièrement appréciées et utilisées par les praticiens. Il est possible d’en donner la définition suivante :
« La thérapie de groupe permet de mettre en présence des sujets présentant les mêmes conduites, facilitant la reconnaissance des troubles et rompant avec le déni qui les entoure ».
G. Dufayet, psychologue clinicien, département de psychiatrie et d’addictologie, hôpital Bichat-Claude-Bernard – Beaujon, AP-HP, Paris. M. Claudon, psychologue clinicienne, département de psychiatrie et d’alcoologie, hôpital Bichat-Claude-Bernard, AP-HP, Paris.
Cette approche est devenue thérapeutique dans les années 1940–1950. Outre-Atlantique, les groupes d’entraide sont incontournables dans le traitement des malades dépendants. Depuis 1956, ils s’appuient essentiellement sur le « modèle Minnesota ».
Le Modèle Minnesota est proposé en institution aux malades dépendants.
Il associe la méthode des 12 étapes des Alcooliques Anonymes à la psychothérapie.
Malgré un taux de succès impressionnant, cette approche n’est que peu développée en France.
Le groupe d’entraide est, comme le groupe de parole, un lieu d’identification dans lequel il est possible d’échanger des expériences personnelles et intimes avec des personnes ayant une expérience commune. Les partages se font dans le non-jugement et le respect mutuel. Ses qualités garantissent l’acceptation de chacun et nourrissent le sentiment d’égalité.
Thérapies individuelles, thérapies de groupe et groupes d’entraide se complètent dans le soin des malades dépendants.
L’effet synergique de ces approches est démontré par de nombreuses études.
Ce constat s’appuie sur les taux de réussite, en matière d’abstinence et de maintien de l’abstinence, supérieurs quand les techniques s’associent.
Cette approche multidisciplinaire du soin en addictologie fait partie, à part entière, du programme de soins.
L’accompagnement thérapeutique doit aussi intégrer la prise en charge des familles et de l’entourage. L’apport des pairs aidants aux groupes de parole, issus de groupe d’entraide, apparaît comme essentiel au fonctionnement du groupe. La réflexion sur leur rôle et leur statut au sein des groupes comme des institutions permettra de faciliter leur diffusion au sein des structures addictologiques.

Références

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Vous venez de lire un article inspiré du chapitre 23 : Psychothérapie de groupe et groupes d’entraide en addictologie de l’ouvrage Addictologie