C'EST QUOI LA DÉPENDANCE ?



En accompagnant des personnes dépendantes, nous avons observé, depuis près de 30 ans, que leurs histoires personnelles étaient jalonnées de situations difficiles, éprouvantes et souvent répétitives, aboutissant à un état anxieux.

Le trouble de stress post-traumatique ou TSPT désigne un trouble anxieux sévère, qui se manifeste à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante. C'est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l'intégrité physique ou psychologique de la personne ou celle de son entourage, a été menacée ou effectivement atteinte.

Cette situation peut être : un/des parent(s) addict(s), parent absent de par le fait qu’il travaille trop (boulomanie), qu’il est joueur compulsif, alcoolique, toxicomane, etc., la venue d'un autre enfant dans la fratrie, un divorce, un déménagement, une maladie grave, une négligence de soins de la petite enfance, certaines formes de maltraitance, la mort d'un proche…

À ce moment précis, les capacités d'adaptation du sujet sont menacées et éprouvées. Il ne peut plus « faire face ». La réaction immédiate à l'événement (traduit par une peur intense et par un sentiment d’impuissance) va donner lieu à une immense souffrance, un désarroi, dont le sujet n’aura pas forcément « conscience » dans l’immédiat (d’où l’instauration de mécanismes de défenses ou comportements d’adaptation).

Chez le psychologue Erik Erikson, ces stades de développement s'articulent autour de huit stades permettant un développement psychologique harmonieux, depuis la petite enfance jusqu'à la vieillesse. À chaque stade, la personne est confrontée à un conflit spécifique et peut (ou pas) les maîtriser et ainsi relever de nouveaux défis. Chaque stade se construit sur les bases édifiées. Les défis relevés ou pas sont susceptibles de réapparaître sous forme de problème dans l’avenir.

Ces problèmes conduisent à un état de souffrance chronique. Ce malaise va alors être médiqué par des substances psycho-actives (tabac, alcool, marijuana, cocaïne, les opiacés, amphétamines et dérivés de synthèse, hallucinogènes et divers médicaments) ou par des comportements à risques, compulsifs et stupéfiants (troubles de comportements alimentaires, addictions sexuelles, dépendance affective, boulomanie, scarifications, achats compulsifs, addiction aux jeux, écrans, sport, troubles d’anxiété généraux, dépression, tentatives de suicide…).

C’est ce que l’on appelle plus communément des « conduites à risque », ou « conduites addictives ». Les dépendants sont tous en souffrance et en manque d’autonomie.

En résumé: un dépendant n’est pas indépendant.

Très souvent, le dépendant est en relation intime (parent-enfant, conjoint, associés dans le travail ...) avec un autre dépendant. Ce dernier peut-être dépendant à un produit ou à un comportement stupéfiant.

On appelle cela LA CODÉPENDANCE ou DÉPENDANCE AFFECTIVE

Suis-je codépendant(e)?

Voici un petit quizz qui pourrait vous aider à évaluer votre degré de dépendance affective :

Si vous avez répondu oui à au moins une de ces question, il y a des chances que vous soyez codépendant.

Quels sont les mécanismes de l'addiction ?

Les mécanismes de l’addiction ne sont pas « que » psychologiques.
Il y a, chez le sujet, un dérèglement au niveau des neurotransmetteurs et du système de récompense (voir les travaux du Dr Jean-Pol TASSIN) qui entraînent chez le sujet une allergie et donc une progression de son addiction, quelle qu’elle soit. C’est le phénomène de « craving ».

Quels sont les risques des addictions pour notre santé physique et mentale ?

L’addiction est une maladie reconnue comme telle par l’OMS qui dresse une liste « officielle » de produits stupéfiants : la nicotine, l'alcool, le cannabis, les opiacés, la cocaïne, les amphétamines et dérivés de synthèse.

National Institute of Drug Abuse (NIDA) en donne la définition suivante :
« L’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante, caractérisée par la recherche et l'usage compulsif de drogue, malgré la connaissance de ses conséquences nocives. »

L’addiction est : progressive, incurable et potentiellement mortelle.

Ce n’est pas un vice.

Les risques sont donc :

Parmi les addictions sans substance, seul aujourd’hui le jeu pathologique (jeux de hasard et d’argent ainsi que jeux vidéos) est cliniquement reconnu comme une dépendance comportementale dans les classifications diagnostiques internationales (DSM V, actualisé en 2019 avec la cyber-addiction).

À ce jour aucun traitement n’a pu prouver que l’addiction pouvait être guérie.

Elle peut être toutefois stabilisée (par un arrêt total de tous produits modifiants le comportement et par une thérapie comportementale).

LA DÉPENDANCE, UNE MALADIE … Le mal à dire.

Notre programme, inspiré du modèle Minnesota, est issu d’un rapprochement entre les modes de prise en charge traditionnels de la dépendance et l’application des programmes de douze étapes où la place de la parole (la diction) est fondamentale.

Considérer la dépendance en tant que maladie (reconnue par l’OMS) et non en tant que mauvaise habitude ou vice est la première étape du patient qui commence un programme avec notre équipe thérapeutique, afin de ne plus avoir de sentiment de honte. Pour remédier à tous les aspects de la maladie, il met l’accent sur un programme de traitement pluridisciplinaire, sur la croissance spirituelle et sur la dignité retrouvée par l’individu.

Parce qu'ils mettent l'accent sur le changement dans l'attitude et le comportement, nos protocoles s’inscrivent dans le cadre de thérapies brèves (aussi appelées psychothérapies cognitivo-comportementales).

À ce jour, il permet la prise en charge thérapeutique de toutes les addictions
 (dont comportementales) ainsi que des difficultés de gestion des émotions ou de la difficulté à survivre à des événements douloureux ou traumatiques (abus, inceste, maltraitance, etc.).


Des chiffres sur les addictions en France


1) Addictions avec substances :

a) Drogue licites :

Tabac et alcool sont les produits les plus consommés en France. Ils constituent les deux premières causes de mortalité évitable en France (73 000 décès par an liés au tabac et 41 000 décès par an liés à l’alcool)*

Tabac : 27% de fumeurs quotidiens

Alcool : 10% de buveurs quotidiens

87% des personnes entre 18 et 75 ans déclarent boire au moins une fois par an (78% à 17ans)

Anxiolytiques : 1 personne sur 10 en ont eu recours pendant l’année

1 jeune de 17 ans sur 5 déclare avoir déjà utilisé un médicament psychotrope

A noter que l’usage des psychotropes est 2 fois plus fréquent chez les femmes.

b) Drogues illicites

Cannabis : 45% des adultes l’ont déjà expérimenté
11% en ont consommé au cours de l’année

6% en ont consommé au cours du dernier mois.

Cocaïne :
1,6% d’usagers déclarent en avoir consommés dans l’année

MDMA/Ecstasy : 5% des adultes l’ont déjà expérimenté


2) Addictions sans substances :

Elles concernent les jeux d’argent et de hasard, jeux vidéo, Internet, addiction au travail ou au sport, etc….

5% de la population est touchée
 56 % des 15-75 ans déclarent avoir joué à un jeu d’argent et de hasard au cours de l’année, principalement à des jeux de loterie.

Moins de 1% des joueurs entre 15 et 75 ans déclarent jouer excessivement

L’omniprésence des écrans dans la vie quotidienne a un impact sur le développement cognitif et social des plus jeunes mais aussi de l’ensemble de la population.

* Sondages du Ministère de la Santé (Observatoire Des Drogues Et Toxicomanie, article : « Drogues et addictions, données essentielles », édition 2019, 7ème édition)